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Quelques pages très utiles pour comprendre et naviguer sur ce blog

samedi 21 avril 2012

Le commencement



Commencement d'une vie, commencement d'un récit ?



Petite Emilie n'est pas comme les autres. Petite Emilie, en se levant ce matin, était tout juste née. Mais déjà, elle savait. Les premiers rayons de vie se posaient sur son corps chétif alors qu'elle humait les effluves terreuses de l'ouragan de la veille.

Oui, Emilie était née un jour de tempête, et sa vie était destinée à être comme telle ; un phénomène soudain, marquant, et éphémère.




Anima Antris

lundi 16 avril 2012

Sans titre










Les yeux rougis par les cendres
De ton passé ; oubliées les méandres !

Rejetée comme un boulet d'exécution
J'ai rêvé que je subissais la question
Personnifiée dans ton indifférence
Aussi cruelle que ta démence.

Ennemies de tes ombres,
Tu jubiles sur nos décombres.
Ton sanctuaire aux portes blindées
Des ses fenêtres est dépossédé.
Aux tréfonds de la mangrove tu t'enfonces
A mes cris de désarroi, aucune réponse.


Anima Antris

mardi 20 décembre 2011

Haikus d'été




La douce nostalgie de la belle saison peut se saisir de nous alors que nous goûtons aux affres de la fraîcheur dans les bras de l'hiver...




Sur la montagne
De nous elle s'éloigne
La lune troublée.


Le vent du matin
Sur mon visage souffle
Douceur de ta main.


La lune pudique
—Ivresse de ton regard—
De nuées drapée.


Sous nous les fêtards
Vivent dans la nuit de juin
Au dessus, la paix.


Il pleut au dehors
Lové contre moi, le chat,
Il ronronne encore.





Marcel Shagi 

dimanche 11 décembre 2011

Comprendrons nous jamais le malaise Byronien ? (ou romantique ?)



"Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur ; 
le souvenir de la douleur est de la douleur encore."
Byron



Oui, mais !
Le souvenir du bonheur, ça peut causer la douleur, non passée, mais bien présente celle-ci. Mellon Collie and the infinite sadness, le souvenir heureux, s'il n'est pas gentiment prisonnier des geôles du temps, s'invite à notre table aujourd'hui comme les esprits qui visitent ce pauvre Scrooge. Car même si ce souvenir, vieux, poussiéreux, jauni et corné par les sables du temps, n’est plus du bonheur, il nous met face à notre situation, et nous renvoie dos à dos, notre vie et nous. Quid si le passé est plus lumineux qu’aujourd’hui ? Un Oedipe mal résolu, un âge d’or non enterré, une dent de lait retrouvée après tant d’années, une personne que l’on croise vingt ans plus tard, etc... Autant de choses qui peuvent provoquer en nous une nausée nostalgique ou de mélancoliques insomnies. Car dans ce cas là, ce n’est pas le souvenir de la douleur qui est douleur —encore-, mais la finitude de son antinomie : le bonheur. Parce qu’il est fini, révolu, et parce qu’on en a —tristement- conscience, le souvenir heureux est un détestable point de comparaison avec notre époque, notre présent, notre personne. 

Que sont devenus nos rêves ? Comment la félicité a-t-elle pu prendre la clé des champs ? Cela s’est-il passé un beau matin ? Tout à coup, en ouvrant les volets, elle s’était envolée ? Ou alors s’est-elle consumée d’avoir été aimée avec trop de prévenance et de parcimonie ? Que sont devenus nos espoirs ? Où sont passés nos idéaux ? Et nos cheveux (version masculine de l’impersonnel du texte) ? Et notre taille de guêpe (version féminine de l’impersonnel du texte*) ?

mercredi 7 décembre 2011

Méditation





Cher journal,




C’est le coeur battant que je t’écris pour la première fois. Alors que mon poignet ondule au dessus de la feuille encore blanche, et que ma plume danse sous mes doigts, j’entends ma propre voix résonner dans mon esprit. Elle lit ce que j’écris, au rythme où je l’écris. Je n’ai pas encore écrit une page et voici que je me prends déjà pour une Bridget Jones, avec la musique et la voix off ! Mais c’est assez amusant. Assez pour que je continue à me prendre pour une romancière, ou une chroniqueuse de la vie. C’est étrange, ce terme de “chroniqueuse de la vie”, non ? Je le tiens d’une amie qui, un jour où mon moral était plutôt bas, m’avait tendu un livre —qui n’était d’ailleurs pas terrible : j’en ai oublié jusqu’au titre !- et l’avait introduit de la sorte :

- Ma chérie, ce qu’il te faut c’est un regard neuf sur le monde. Lis ceci, c’est un journal intime fabuleux ! Celle qui l’écrit est une chroniqueuse de la vie, elle ne change pas ton quotidien, mais t’apprend à le voir différemment.

Je serais bien incapable aujourd’hui de te dire de quoi parlais ce journal. Après l’avoir lu, je me suis endormie ; et le lendemain, j’avais déjà tout oublié. Peut-être était-ce la leçon de ce livre : oublier pour tout redécouvrir et s’émerveiller de tout, chaque jour ?

mercredi 30 novembre 2011

Cette silhouette




Des mots à la suite d’autres mots
Des larmes au fil des fléaux
Des soupirs précédant des sanglots

Implosion sanglante mise en enclos.


Une petite silhouette sillonnait les chemins d’une contrée connue d’elle seule. Son regard était fixé sur l’horizon et brûlait de messages sans destinataires ; des lettres perdues, jamais envoyées, ou même seulement imaginées ; des milliers de formes encrées, de mots vrais. Comme dans un corset trop ajusté, elle en était étouffée, incapable de couper le ruban de sa liberté.

Un hurlement du haut d’une falaise
Face à un monde de terre glaise
Rage emportée par le mistral
Place à ce silence abyssal.

Elle se déchirait le cœur, s’amputait l’âme pour trouver la paix. D’une main désespérée, elle allumait le bûcher. Mais elle était condamnée, ne pouvant échapper à cette vie, emprisonnée.
Elle appartenait à un monde d’aucuns, de non-dits, de regrets, de secrets. Elle portait les mémoires des tournants jamais pris, des bonheurs refoulés. Elle retenait ces cris de folie, assourdie par le mutisme des abandons. Elle errait sans but sur les pavés de l’univers, rêvant d’une unique rencontre : celle d’une main tendue.
Anima Antris

mardi 27 septembre 2011

De la vie, de la mort et de la renaissance de mon porte-monnaie



J'encaisse mes pièces dans mon petit porte-monnaie qui grossit. Il y a celles qui sont d'un doré chatoyant et celles qui sont recouvertes d'une rouille vulgaire.

Quand je fais mon marché, j'essaie de me débarasser de mes piècettes abîmées, elles font tâches au beau milieu de mes lingots.
Mais la loi de l'échange est telle que j'en reçois plus que je n'en donne.

Bientôt, mon porte-monnaie, devenu fourni, change de couleur. Il ne brille plus quand je vais faire mes courses. Je n'aime plus aller au marché...mais alors, que manger ?

Quelques temps plus tard, mon porte-monnaie est bien troué et pourtant les piècettes à la rougeole y restent hiberner. De temps à autre, je reçois à nouveau un lingot. Alors je me dis que la vie de ma quincaillerie va reprendre. Cela m'occupe un moment ; je retourne au marché. Mais tout cela ne sert qu'à recouvrir d'un pâle hâlo ma monnaie rouillée.

Finalement, j'ai voulu jeter mon porte-monnaie, devenu plus gras qu'un cabas. Au bord d'une route, du haut d'une falaise, j'ai essayé de m'en séparer. Mais, au crépuscule, il revient me hanter sur ma table de chevet, des embruns de tempête plein les poches pour me rappeler qu'il ne se laissera pas abandonner.

Anima Antris

jeudi 14 juillet 2011

Dandy ...




Pour répondre à cet article ...




Dandy. n.m. : espèce en voie de distinction.


Marcel Shagi 

mardi 31 mai 2011

Haikus de mai




Le mois de mai fut étouffant de chaleur. Réveillé en pleine nuit par ce fléau moite, je me suis mis à composer quelques haikus, influencé par mes récentes lectures. En voici quelques-uns.




Chercher le sommeil
Dans l'encre ou dans le papier
Haiku de mai.

La foule pressée
Une éphémère fragrance
La fille au jasmin.

Éol, grand absent
Délaisse ma maison
Étouffant printemps.


Et, de manière plus 'libre' (hors de la contrainte du 5-7-5, donc) 

Nuit interrompue
Je tends l'oreille au dehors
Les grillons se sont tus.

Marcel Shagi 

dimanche 22 mai 2011

Sonnenbrand



Quand la vie nous fait offrande d'événements imprévus...




Mes cuisses, ah mes cuisses… ! Tu t’insinues en moi, oui toi ! Tu me pénètres comme personne auparavant. Tu heurtes mes faiblesses, écho de leurs appels. Je te souhaite de toutes mes forces, dans ma chair, et je crie ton nom telle une délivrance divine. Je rêve de toi, je mange de toi, je me douche de toi… Ai-je déjà peur que tu m’abandonnes à chaque instant ?

Frappée par le soleil malgré les prières de mon angelot, je me perds, submergée, dans un térébrant délire sans repos.


Anima Antris

samedi 30 avril 2011

Zombies











Zénith implacable, nous fuyons nos maisons ;
Ombres insipides, zombies.
Mordus par l'astre diurne, nos tombes creusons.
Bravons le désert et que nous, pauvres brebis,
Iris éteints, sans horizons ;
Expions nos péchés ; nous les sans alibis.

Marcel Shagi 

vendredi 22 avril 2011

Orage, amour et écriture ...

Au commencement était le verbe. Performatif. Parce qu’il est énoncé, ou écrit, il est déjà une action. Le verbe d’état n’existe pas. Au commencement était le verbe : action proférée…

Il leva la tête de son cahier. Le ciel était clairsemé de nuages épars qui étaient autant d’îlots gris sur une mer d’ocre et d’huile. Une légère brise agitait ses cheveux d’or et tandis qu’il méditait en mâchouillant le bout de son crayon, il observait d’un air absent son environnement dans le soleil couchant.
Depuis toujours, il voulait être quelqu’un. Mais pas n’importe qui ! Lui, il voulait être un écrivain maudit. Une sorte de poète ou de grand penseur que jamais personne ne reconnaîtrait de son vivant mais qui ferait un malheur une fois passé de l’autre côté du Léthée. Comme un Van Gogh. Et, jusqu’à présent, force était de constater qu’il y était bien arrivé. A toujours s’isoler, à se casser la vue sur de vieux manuscrits baroques à longueur de jour –et de nuit-, à fuir comme la peste ses semblables et à constamment adopter un air mystérieux et supérieur quand il ne pouvait les éviter ; il s’était créé un personnage qui collait parfaitement avec la première partie de son idéal de vie. A savoir : un écrivai(llo)n non reconnu par ses contemporains.

vendredi 15 avril 2011

Ah que nous rions de nous voir ainsi dans ce miroir !



Puisque de reprises et autres jeux nous sommes friands, voici ma version du Triptyque de Marcel...





--- Iris ---
Hublot stellaire, antique et sans appendice ;
Fortune de bord.
Il fond à l’éruption de son iris,
Crypte de l’or.

--- Tourbillon ---
C’est le sourire de la cité.
Pour lui se brouillent ses clartés.
Bien que pâlissante dans son tourbillon,
De ses dés elle perçoit la collision.

--- Flocon ---
La ruelle sans sourire dans laquelle tu sombres,
Aspire ton quartz, ravit ma poussière,
Un flocon, un dôme, et tout n’est plus que secondes,
Ce royaume éveillé a trompé nos pierres.

Anima Antris

samedi 9 avril 2011

Homologie de triptique


Le principe est simple : prendre un poème source, le dépouiller de ces substantifs et adjectifs, conserver verbes et prosodie, et remplacer les premiers par d'autres, tirés d'un recueil quelconque ...


Ici, c'est le Triptyque d'Anima qui est repris... 


--- Gardien ---
Gardien de singularité
Qui souffre ta parole ...
Poussière à l'idole
Qui brûle d'un embrasement crépité.

--- Iconographe ---
Le touriste farfelu atrophie l'antique événement.
Carillonne et s’immole la rougeoyante aurore.
Brumes stellaires embrasées céans.
Aveugle de diamant embrasse le mort.

--- Dragon ---
Dragon
Animal abscons...
Incendiaire compagnon.

Marcel Shagi

dimanche 3 avril 2011

Ego égaux

Contraintes : Thème (Ego/égaux), rimes en -ite/-oute







Il faut que je te quitte.
Mon égo en déroute,
Altéré par tes doutes
Te vomit, acolyte !

Toi ! Perfide qui lévite
Bien trop loin de la voûte
Qui nous servait de gîte,
Viens donc que je te foute !


Arman