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Quelques pages très utiles pour comprendre et naviguer sur ce blog

jeudi 14 juillet 2011

Dandy ...




Pour répondre à cet article ...




Dandy. n.m. : espèce en voie de distinction.


Marcel Shagi 

mardi 31 mai 2011

Haikus de mai




Le mois de mai fut étouffant de chaleur. Réveillé en pleine nuit par ce fléau moite, je me suis mis à composer quelques haikus, influencé par mes récentes lectures. En voici quelques-uns.




Chercher le sommeil
Dans l'encre ou dans le papier
Haiku de mai.

La foule pressée
Une éphémère fragrance
La fille au jasmin.

Éol, grand absent
Délaisse ma maison
Étouffant printemps.


Et, de manière plus 'libre' (hors de la contrainte du 5-7-5, donc) 

Nuit interrompue
Je tends l'oreille au dehors
Les grillons se sont tus.

Marcel Shagi 

dimanche 22 mai 2011

Sonnenbrand



Quand la vie nous fait offrande d'événements imprévus...




Mes cuisses, ah mes cuisses… ! Tu t’insinues en moi, oui toi ! Tu me pénètres comme personne auparavant. Tu heurtes mes faiblesses, écho de leurs appels. Je te souhaite de toutes mes forces, dans ma chair, et je crie ton nom telle une délivrance divine. Je rêve de toi, je mange de toi, je me douche de toi… Ai-je déjà peur que tu m’abandonnes à chaque instant ?

Frappée par le soleil malgré les prières de mon angelot, je me perds, submergée, dans un térébrant délire sans repos.


Anima Antris

samedi 30 avril 2011

Zombies











Zénith implacable, nous fuyons nos maisons ;
Ombres insipides, zombies.
Mordus par l'astre diurne, nos tombes creusons.
Bravons le désert et que nous, pauvres brebis,
Iris éteints, sans horizons ;
Expions nos péchés ; nous les sans alibis.

Marcel Shagi 

vendredi 22 avril 2011

Orage, amour et écriture ...

Au commencement était le verbe. Performatif. Parce qu’il est énoncé, ou écrit, il est déjà une action. Le verbe d’état n’existe pas. Au commencement était le verbe : action proférée…

Il leva la tête de son cahier. Le ciel était clairsemé de nuages épars qui étaient autant d’îlots gris sur une mer d’ocre et d’huile. Une légère brise agitait ses cheveux d’or et tandis qu’il méditait en mâchouillant le bout de son crayon, il observait d’un air absent son environnement dans le soleil couchant.
Depuis toujours, il voulait être quelqu’un. Mais pas n’importe qui ! Lui, il voulait être un écrivain maudit. Une sorte de poète ou de grand penseur que jamais personne ne reconnaîtrait de son vivant mais qui ferait un malheur une fois passé de l’autre côté du Léthée. Comme un Van Gogh. Et, jusqu’à présent, force était de constater qu’il y était bien arrivé. A toujours s’isoler, à se casser la vue sur de vieux manuscrits baroques à longueur de jour –et de nuit-, à fuir comme la peste ses semblables et à constamment adopter un air mystérieux et supérieur quand il ne pouvait les éviter ; il s’était créé un personnage qui collait parfaitement avec la première partie de son idéal de vie. A savoir : un écrivai(llo)n non reconnu par ses contemporains.

vendredi 15 avril 2011

Ah que nous rions de nous voir ainsi dans ce miroir !



Puisque de reprises et autres jeux nous sommes friands, voici ma version du Triptyque de Marcel...





--- Iris ---
Hublot stellaire, antique et sans appendice ;
Fortune de bord.
Il fond à l’éruption de son iris,
Crypte de l’or.

--- Tourbillon ---
C’est le sourire de la cité.
Pour lui se brouillent ses clartés.
Bien que pâlissante dans son tourbillon,
De ses dés elle perçoit la collision.

--- Flocon ---
La ruelle sans sourire dans laquelle tu sombres,
Aspire ton quartz, ravit ma poussière,
Un flocon, un dôme, et tout n’est plus que secondes,
Ce royaume éveillé a trompé nos pierres.

Anima Antris

samedi 9 avril 2011

Homologie de triptique


Le principe est simple : prendre un poème source, le dépouiller de ces substantifs et adjectifs, conserver verbes et prosodie, et remplacer les premiers par d'autres, tirés d'un recueil quelconque ...


Ici, c'est le Triptyque d'Anima qui est repris... 


--- Gardien ---
Gardien de singularité
Qui souffre ta parole ...
Poussière à l'idole
Qui brûle d'un embrasement crépité.

--- Iconographe ---
Le touriste farfelu atrophie l'antique événement.
Carillonne et s’immole la rougeoyante aurore.
Brumes stellaires embrasées céans.
Aveugle de diamant embrasse le mort.

--- Dragon ---
Dragon
Animal abscons...
Incendiaire compagnon.

Marcel Shagi

dimanche 3 avril 2011

Ego égaux

Contraintes : Thème (Ego/égaux), rimes en -ite/-oute







Il faut que je te quitte.
Mon égo en déroute,
Altéré par tes doutes
Te vomit, acolyte !

Toi ! Perfide qui lévite
Bien trop loin de la voûte
Qui nous servait de gîte,
Viens donc que je te foute !


Arman

dimanche 27 mars 2011

Petites pensées au gré des mots











Calame de ton âme
Habitante d'une lune sans vie
Éteint ton esprit polygame
Variant sa polyandrie
En son domaine ta fleur se fane
Un bouton orné a clôturé ton lit


***

Le fond de la fontaine se décline en vers
Puits de beauté, ne t'y laisse pas geler.

***

Isolé tel un loir dans on arbre esseulé
Juge d'un choix cent fois repoussé
Raisonnent les mots proférés par la boîte noire
Mais il est déjà l'heure de violer l'isoloir.

Anima Antris

dimanche 20 mars 2011

Faire du neuf avec du vieux, ou le paradigme des potalas

                                

Il s'agit ici  de 'renouveler' un peu nos vieux dictons et autres proverbes. Anima et Marcel vous proposent une nouvelle forme de sagesse populaire ... 



Qui veut la paix ... 

Qui veut la paix ménage sa monture : préparer son ermitage.

Qui veut la paix justifie les moyens : faire de la propagande pour l'immigration zéro.



Tous les chemins ... 

Tous les chemins mènent loin du coeur : jeunes mariés, soyez réalistes ...

Tous les chemins mènent aux bons amis : il se trouvera toujours un pigeon pour payer la note.


Anima Antris et Marcel Shagi 
Inspiré par et en hommage à l'OuLiPo. 

vendredi 4 mars 2011

Sous le masque de l'abandonné ...


 Qui n'a pas connu une déception amoureuse ? Un chagrin terrible ? Voici un petit texte, simple et sans prétention, qui traite de ces moments compliqués. Bris de coeur ... 




Un pont. De nuit. Partout, de l’eau. Dans l’air. Elle tombe. Il pleut. Quelques lampadaires fatigués diffusent une lueur cireuse qui filtre difficilement au travers le rideau de pluie. Le bruit de mes pas dans l’eau. La sensation de moisi due à mes chaussettes trempées. J’avance. Je ne sais pas pourquoi. Pourquoi je suis là. Pourquoi j’avance. Et pourtant, je ne suis pas surpris. Le fleuve d’encre qui coule en contre bas chante les gouttes qui le martèlent. Symphonie aqueuse.

lundi 14 février 2011

Comment exécute t-on une Tâche ?




Elle ne distingua rien sur ses pieds. C'est curieux, elle aurait juré avoir aperçu quelque chose. Mais quoi ? Non, vraiment, rien. Il n'y a rien dessous non-plus. Tant pis, sans doute un trouble visuel. Quelque chose d'insignifiant et mobile qui avait dû trouver son pied assez beau pour oser y traîner son corps dégoûtant. A cette idée, elle le glissa précipitamment sous le drap qui recouvrait ses mollets puis regarda autour d'elle. L'endroit proprement inondé de soleil était chaud et dense. La poussière s'allumait sur les coussins, et les tissus enveloppaient la jeune dame tant et si bien qu'elle ne put se résoudre à s'en extraire. Il lui semblait entendre de la musique, mais elle ne savait dire d'où cette dernière semblait provenir. Qu'avait-elle fait la veille ? Seulement lu un peu, puis rompue de fatigue elle s'était endormie sur son canapé, toute habillée. Pourquoi demeurait-elle toute nue ici dans ce cas ? Elle promena quelques sa main sur son corps et sur ses hanches volumineuses. Rien n'avait changé. Elle sursauta.

Quelque chose avait frémi sur sa gauche. Elle scruta le mur, et s'apprêtait à s'en détourner quand elle la vit. Elle avait quitté son pied pour se coller au mur, la garce. La jeune femme tapa mollement le mur avec son petit poing, mais la Tâche avait fui. Les couvertures happèrent de nouveau la femme qui se laissa tranquillement aller à cette jouissance passive. A peine avait-elle fermé les paupières que le sommeil l'embarquait de nouveau. Enfin seule.

jeudi 3 février 2011

Fièvre d'un après-midi brumeux




A chacun sa première fois : baptême de mon inspiration "prosatrice" (le dictionnaire n'ayant pas su satisfaire mon intime besoin d'adjectif, j'ai unilatéralement décidé d'en inventer un, car j'aime les mots qui correspondent à ce que je veux dire...), en espérant que cela vous "parlera".


Ma robe était pourpre et d’une légèreté indécente. Pourtant, elle me couvrait si bien qu’il me semblait être dans une chrysalide. Le tissu d’une incroyable douceur ne masquait pas l’odeur de fleur d’oranger que diffusait ma peau. Je me sentais enfouie dans un bain de coton parfumé, le soleil caressant mon visage débarrassé de tout affublement mondain.
Aux alentours, des montagnes aux vallons d’une verdure fluorescente. Non loin, une rivière paisible après une longue nuit orageuse, seul son bleu tirant sur le vert laissant deviner les foudres qui s’étaient abattues sur le monde. Quelques oiseaux osaient se prêter à leurs vocalises. Et cependant, le silence régnait, mutisme d’un macrocosme dont la sérénade ne peut enrayer le drame.
La tranquillité et l’insouciance étaient trop profondes. Ma peau restait glacée. Un insidieux fluide coulait dans mes artères cherchant ce cœur dont il embraserait l’angoisse. Né de mes entrailles, il se ramifiait, et, déjà, il atteignait mes membres, pris de tremblements incontrôlables. Il n’eut aucun mal à remonter le long de ma cage thoracique pour se loger dans la sacrosainte chapelle. C’est alors que je sus. Je voulus réprimer ce cri ardent qui me déchirait le crâne, qui me répétait l’évidence, tel une litanie. Je me rendis compte que de ma main coulait un liquide chaud ; je m’étais écroulée sur les graviers du chemin. J’avais perdu toute notion du temps, de l’espace. Tout ce que je savais m’était martelé d’une voix cinglante et stridente.
Puis, le vide… plus de montagne, plus de rivière, ni de litanie… seulement lui, au milieu des orchidées. Mes jambes voulaient s’élancer mais je sentais déjà la peau glacée de ce corps. Il restait beau malgré les nombreuses entailles et les hématomes. Son visage avait été protégé par mes bras lors de l’impact. Il était couché sur un tapis d’un rouge malsain mais attirant, vous rappelant l’impérieuse faiblesse du flux vital. Le cri revint, une fois… il est mort.
C’est alors que je me réveillais.
Mais ça ne changeait rien.

Anima Antris

lundi 31 janvier 2011

Qui de nous deux ...

 


 ... ou l'histoire de la poule et de l'oeuf.





Alors, nous y voilà. Je me dis qu’il faudrait que j’écrive quelque chose, que ça serait bien de fournir un peu les pages de mon cahier. Ma raison a parlé : ce soir, je compose. Cela fait en effet trop longtemps que je ne produit plus rien de bon, voire plus rien du tout. Il faut que cela cesse. D’où ma motivation d’aujourd’hui. Ecrire, voilà l’important. Quelque chose de plaisant. Plutôt léger, mais profond. Une friandise, pour ainsi dire, avec un arrière goût agréable et qui donne à penser. Oh ! rien de trop sérieux. Déjà parce que je ne suis qu’une vulgaire écrivaillone : hormis les mots, leur musique et la manière de les faire valser, je n’ai aucun domaine de compétence ; et je serais bien en peine de disserter sur autre chose que sur la littérature. Et puis aussi, parce que je suis ennuyée par le monde. Les relations sociales, les interactions, tout ça, c’est moche. Quelqu’un finit toujours par vous tromper, vous utiliser pour son intérêt propre, et, à la fin, on est toujours le con de quelqu’un. Mais dans les livres, qu’on les écrive ou qu’on les vive, on n’a jamais ce problème. Enfin, il ne s’agit là que de l’opinion d’une misanthrope apathique. Donc, indiscutable. 

lundi 24 janvier 2011

Rêve de liberté, un rêve libertin ?

La nuit ne lui suffisait plus. Plus, elle voulait plus. Il fallait, plus. Sans cesse, elle ruminait son désir et sa frustration. La nuit ne suffisait plus. Elle se sentait prisonnière, enfermée dans son époque et dans son corps. Un «esprit pervers» —comme aurait dit son confesseur, s’il avait su- dans un corps désespérément trop sain. Un monde par deux fois trop bien pensant, et trop frileux. Et, coincée entre sa famille et une morale dont elle avait bien du mal à se déprendre, une Envie majuscule d’être prise, comme ça, au dépourvu, par le grand chariot d’un destin caracolant sans but vers l’horizon doré, mais en mouvement, lui au moins. Le royaume de Morphée s’étiolait autour d’elle ; la nuit ne suffisait plus. Face à sa terrible soif de vie, la magie des songes capitulait au gré de ses pulsions.