SES

Quelques pages très utiles pour comprendre et naviguer sur ce blog

jeudi 24 octobre 2013

Fable qui pue



Proposition de consigne (j'invite d'ailleurs le SES à suivre l'exercice si ça l'éclate) : pasticher les fables de Jean de la Fontaine avec du trivial, y caser "les feuilles d'automne" et avec des alexandrins dont on aura soin parfois de troubler le long fleuve tranquille, avec un déplacement de césure, ou d'élision. Chantez faux !
Joyeuse fête des morts à tous.





  Couché dans un torchon, bercé par le panier
Cœur d’Agathe blanc et souverain fromage
Le camembert en âge colonise, se répand !
Il est hors de lui, parle trop fort et prétend
Par son entêtement séduire l’entourage
Et présider comme roi au firmament laitier

Semble pâle le chèvre, estompé le brebis,
Le camembert luit comme un soleil en croûte
Ses effluves achèvent d'atomiser les vieilles
Mais le nez, ce mirage, ne dupera personne
Le goût à la tétée en est intimidé
Et des feuilles en automne imite la déroute
 
C'est que se manifeste la tendresse d'un cœur
Que lorsque finalement l'on goûte à sa texture
La morale est ici : le vrai n'a pas d'odeur


mercredi 16 octobre 2013

Opinion


L'esprit d'équipe est une belle chose : il pousse chacun à s'accrocher, à donner le meilleur de soi, et à se surpasser. Cependant, comme disait Coluche, le risque est parfois d'avoir "des mecs qui sont une équipe, [et] y z'ont un esprit ; alors ils partagent".
La grand messe des média goulument avalée puis rendue telle-quelle par une foule au regard vitreux, ainsi pourrait-on définir l'opinion. Une équipe, un esprit. Et encore, qui pense mal...



Infâme opinion qui jette l'anathème
     Sur le poète ou le dandy
Qui méprise la verve autant que le génie
     Je chante ici ton requiem

Par cent fois ces aèdes, valeureux prosateurs
     Ont combattu la calomnie
Mais les sots ont toujours colporté l'infamie
     Dressant des doigts accusateurs

«Honni soit-il ! Cet homme n'est pas comme nous
     — Leur haine froide les rassemble —
«Il est faible, il a peur, voyez donc comme il tremble !
     «Cet homme n'est pas comme nous»

Lui, il retient le temps et l'essence des choses
     Il capture la vie en vers
Les couleurs qu'il manie accouchent d'univers
     Ronds comme des nuages roses

Sous des cieux écarlates, il décrit des flots noirs
     Au fond desquels nagent les anges
Ils sont en vacances et de cantiques en louages
     Ils chantent la vie et l'espoir

Et le monde en entier brûle d'un feu violet
     Qu'a allumé le rimailleur
Et chacun dans ses vers peut rêver d'un ailleurs
     Où il serait auréolé

«Je veux être Calife à la place des anges !
     «Et envoyer le paradis
«Comme un ballon, rouler sous les ponts de Paris
     «Pour expurger toute sa fange»

Dit-l'un, les yeux humides et la gorge nouée
     — Il vient de lire un poème —
«Et moi ! j'ai faim de mots comme après le Carême
     «Et veux aux Muses me vouer !»

Ainsi certains (les Happy Few ?) osent rêver
     — Tels les guerriers de Thermopyles
Braves toujours quand ils ne furent plus que mille —
     Et résistent le poing levé

Ce poing est fou et pacifique, il est ouvert
     Ce qu'il brandit, c'est une rose
Un bouquet de couleurs fait de fables et de prose
     Et c'est à toi qu'il l'a offert

Opinion, cette fleur mérite tes soins
     Car sans respect ou sans chaleur
En un jour elle fane et voici qu'elle meurt
     Sous ton regard de bête à foin !



Marcel Shagi

lundi 30 septembre 2013

Poésie





Poésie ... 




La poésie est un langage millénaire,
Une langue enivrante et semblable à l'alcool ;
C'est l'idiome du coeur et de l'imaginaire,
Un des seuls qu'on ne peut acquérir à l'école.

La formule est pompeuse et pourtant véridique
Car le vers et l'alcool élèvent la pensée,
Mettent à bas les idoles et les Dieux pathétiques :
Par delà la raison ils invitent à danser.

Ces rimes et ces mots arrimés à la plume
Sous les cieux mordorés voguent à mes côtés.
Sortis des encriers ils plongent dans l'écume,
Ce sont de noirs dauphins qui chantent la beauté.

Prends ce livre et ma main et prends garde à l'éveil,
Je m'en vais te guider au pays des merveilles.

Marcel Shagi

vendredi 27 septembre 2013

De longues vancances




Les longs jours ensablés et jaunis de l'été sont restés en arrière. La pluie a lavé le sol de sa patine estivale. Les feuilles sont venues remplacer les coquillages à nos pieds. 



Donc, c'est la rentrée. Et avec elle s'en reviennent les soucis, les emplois du temps, les contraintes, et tout leur lot de petits plaisirs modernes. Cependant, ô joie ! il est une chose que la rentrée apporte dans ses bagages et qui vous plaira bien d'avantage : le retour du Sous Espace !
Nos braves plumes, revigorées par des vacances épiques, s'en reviennent hanter ces recoins de la toile afin de vous offrir, à vous improbable visiteur, le frisson de la prose et des images évanouies.

Bref, on est de retour !

dimanche 30 juin 2013

L'Hiver




Alors qu'enfin l'été arrive, voici quelques vers en l'honneur de l'Hiver, cette coruscante mère envers qui nous sommes trop souvent si ingrats.





L'Hiver


L'Hiver est féminin, c'est une grande dame
Qui se fraye un chemin jusque dans nos foyers ;
Elle y plante le froid sans aucun état d'âme 
Et rit de nos émois à gorge déployée.

Elle y plante le froid sans aucun état d'âme,
Mais son rire est amer et trahit son chagrin.
L'Hiver est féminin, c'est une grande dame,
Une dame esseulée sur son trône d'airain.

Bien loin du soleil et de sa douce caresse,
Elle pénètre nos coeurs en quête de chaleur ;
De sa voix cristalline toujours elle professe, 
Le mouvement vital, condition au bonheur.

De sa voix cristalline toujours elle professe ; 
Elle chante l'envie, attise la passion. 
Bien loin du soleil et de sa douce caresse, 
Contre tout paresse elle enjoint à l'action. 

Antérieure à nos Grecs, Dionysos, Apollon, 
Depuis la nuit des temps elle pose en marâtre :
L'Hiver toujours revient et glace les vallons
Afin que Prométhée allume un feu dans l'âtre.

L'Hiver toujours revient et glace les vallons
Pour ne pas s'alanguir d'un sommeil éternel ;
Antérieure à nos Grecs, Dionysos, Apollon,
Elle pousse l'humain à déployer ses ailes.

L'Hiver est féminin, c'est une grande dame 
Que craignent les dévots tout autant que les rois,
Le teint blanc de sa peau fait frémir corps et âme ;
Qu'importent les couronnes, son baiser laisse roid.

Le teint blanc de sa peau fait frémir corps et âme,
J'ai senti dans ma chair la pulsion et l'envie ; 
L'Hiver est féminin, c'est une grande dame,
Une dame esseulée et qui chante la vie. 


Marcel Shagi

jeudi 20 juin 2013

I




A bon entendeur ... 






I

« Qu'il me soit accordé de lire entre les lignes,
De lire dans les coeurs, de comprendre le monde.
Qui sont les révoltés, toutes ces voix qui grondent ;
Qui sont ces enragés que l'injustice indigne ? 

« Qu’il me soit accordé de déchiffrer les signes,
Les cris d’un people fort, que la colère fonde,
Je veux être la voix qui conduira la fronde
Contre les dominants et l’élite maligne  »

Moi aussi je frémis, je m’indigne et m’outrage,
A la vue de ces maux qui viennent d’un autre âge ;
Je descends dans la rue et prend part au convoi.

Mais ces mots, eux aussi, sont vils et dangereux ;
Car souvent illusoires, ils ne servent rien qu’eux.
Citoyen, prends garde à qui tu offres ta voix. 


Marcel Shagi

lundi 10 juin 2013

Je m'appelle Marie




Marcel s'amuse à découvrir des formes fixes. Comme c'est touchant. 
Voici une variation sur la forme du triolet qu'il découvrait il y a peu. A bon entendeur ... 



Je m'appelle Marie


Je m'appelle Marie, c'est un nom virginal ;
Un nom béni de Dieu, de vertu habillé,
Qui protège les coeurs du désir infernal.
Je m'appelle Marie, c'est un nom virginal ;
Soyez clément Seigneur, durant les saturnales,
J'ai péché par la chair et me voici souillée.
Je m'appelle Marie, c'est un nom virginal ;
Un nom béni de Dieu, de vertu habillé.

Soyez clément Seigneur, durant les saturnales,
J'ai péché par la chair et me voici souillée,
Et j'attends mon procès dans votre tribunal.
Soyez clément Seigneur : durant les saturnales,
Un éphèbe a volé mon pucelage anal !
Ô mon Dieu j'ai pleuré quand il m'a rudoyée.
Soyez clément Seigneur, durant les saturnales,
J'ai péché par la chair et me voici souillée.

Un éphèbe a volé mon pucelage anal !
Ô mon Dieu j'ai pleuré quand il m'a rudoyée ;
On eût dit qu'il eût fait une chose banale !
Un éphèbe a volé mon pucelage anal,
Et son vit, nom de Dieu ! membre phénoménal,
Sans faiblir un instant mes entrailles à fouillées.
Un éphèbe a volé mon pucelage anal !
Ô mon Dieu j'ai pleuré quand il m'a rudoyée !

Et son vit, nom de Dieu ! membre phénoménal,
Sans faiblir un instant mes entrailles à fouillées :
J'ai joui plusieurs fois d'un plaisir cardinal.
Et son vit, nom de Dieu ! membre phénoménal,
Je le loue chaque instant car il est le fanal
Pour lequel, pieusement, j'aime à m'agenouiller.
Et son vit, nom de Dieu ! membre phénoménal,
Sans faiblir un instant mes entrailles à fouillées.

Je le loue chaque instant car il est le fanal
Pour lequel, pieusement, j'aime à m'agenouiller :
Idole révélée, renouveau doctrinal.
Je le loue chaque instant car il est le fanal,
L'Apollon malicieux à la fougue vernale
Qui en une fessée m'a bien vite mouillée.
Je le loue chaque instant car il est le fanal
Pour lequel, pieusement, j'aime à m'agenouiller.

L'Apollon malicieux à la fougue vernale
Qui en une fessée m'a bien vite mouillée ;
Sous ses coups je revêt mon costume final,
L'Apollon malicieux à la fougue vernale.
Je m'appelle Marie, c'est un nom virginal ;
Un nom béni de Dieu, de vertu habillé.
L'Apollon malicieux à la fougue vernale
Qui en une fessée m'a bien vite mouillée !

Je m'appelle Marie, c'est un nom virginal ;
Un nom béni de Dieu, de vertu habillé.
Succube jetée hors du confessionnal,
Je m'appelle Marie, c'est un nom virginal.
Le Malin est en moi, et à ses bacchanales,
Jusqu'au petit matin je m'en vais festoyer.
Je m'appelle Marie, c'est un nom virginal,
Gardez-vous bien d'y croire car je suis dévoyée.



Lisa