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Quelques pages très utiles pour comprendre et naviguer sur ce blog

vendredi 22 février 2013

Complainte minérale











J’écris des rêves pour les cailloux.
Je jette des mots d’amour et
Des vers à la gueule des loups
Qui hurlent leur peine ajourée.
J’écris pour les cailloux qui crient
Et qui protestent sous mes pas
Qui grommellent des verbes gris,
Que du reste, je n’entends pas.

vendredi 15 février 2013

Promesse d'une nuit éternelle



Le thème du vampire est quelque chose d'assez en vogue en ce moment. Entre Twilight, True Blood, ou les plus anciens récits d'Anne Rice, cette figure qui traverse les âges est devenue un vrai phénomène de mode. Voici notre version de la chose, avec la pointe de désespoir et de romantisme sans lesquelles il ne serait nul shaggisme. 



Les premiers rayons d’un soleil flamboyant s’élèvent à peine au dessus de ma ligne d’horizon mais, déjà, je suis prêt à partir. Comme l'innombrable foule de mes semblables, je rentre dans la danse, je suis le troupeau. Le trafic, les embouteillages, le travail. C'est un jour comme un autre sur la planète Terre. Des gens naissent, des gens meurent. Depuis des années maintenant, mon cœur est mort et mon âme s'est résignée. D'ailleurs, cela fait bien longtemps que je n'ai plus de nouvelles d'Elle. J'y repense alors que ma voiture peine à se frayer un chemin dans cet imbroglio de métal et de méthane. Maintenant, je n'y fais plus attention, la poésie est une étrange bête que j'ai renoncé à sauver il y a trop longtemps déjà. Oui, j'y repense. Je repense à elle qui faisait encore battre ce vieux coeur malade sur un rythme emprunt de douceur et de joie. La poésie ... oui, c'est elle qui me l'a enseigné, à sa manière.

jeudi 31 janvier 2013

Regard dans l'onde





Le poète, parce qu'il aspire à une perfection, de forme ou d'essence, est un dandy. Voici un hommage à ces deux figures...




Regard dans l’onde.

Ô folie des grandeurs, des âmes l’incendie,
Ô divins châtiments, marque des grands Dandys,
Risquant jusqu'à l'exil, prêt à porter le Lys,
Le tisseur de vers pour vous boit jusqu’à la lie.

Il vit passionnément, mais il craint l’alalie,
Et il veut dans son sein bien plus d'Art que dans dix ;
Il danse avec les Muses et boit à leur calice,
C'est ainsi qu'il crée quand l’humanité mendie.

Elle mendie, et crie, et réclame la gloire,
Lui en son temps mal né, dans le passé se moire.
Et son cœur meurtri dépeint l’oxymore d’amour :

Amoureux d’un beau qui, à présent illusoire,
Epuise sa vie et lui sert d’exutoire,
Il meurt superbe, par lui occis, mort d’amour.

Marcel Shagi

vendredi 18 janvier 2013

Une pomme, et un baiser





Quelques vers, sortis ne nul part, et sans destinataire. 





Le rideau s’élève, trois coups et me voilà
Il me semble avancer comme au milieu d’un rêve
          Mon coeur, ma foi, et mes pensées
Sans aucune trêve me maintiennent en émoi
Je t'invite à danser, avant qu'on ne m'achève

Je ris, vis, et souffre ; apprécie chaque instant
Mais mon âme avilie déjà a peur du gouffre
          — La fin des temps et l'ordalie —
Voici que je m'essouffle à compter mes printemps

Rampant dans la fange, une engeance en sursis
Je persiffle et éructe et j'insulte les anges
          Le coeur durci, la fin abrupte

Si je suis condamné, avant que de partir
          Je n'ai qu'un voeu, te profaner

          Une pomme ; et un baiser.


Marcel Shagi

mercredi 16 janvier 2013

Les orangers sous la mer



La bêtise s'illustre dans une histoire toute simple : On s'aime, on se quitte, on a mal, on recommence.






Il est venu ! Le temps que tu t’en vas


En emportant la rosée sur tes pas. 

Eros s’est fatigué de nos amours

Dérisoires. De nos promesses au long cours.

Tu es parti si vite, resté si peu 

Juste le temps de s’imaginer vieux

Il est fini le temps de l’aventure 

Le temps des orangers, le temps qui dure

Des siècles. Voici dans son cercueil d’enfant

Notre anamnèse, notre soleil couchant.

jeudi 20 décembre 2012

Ronde sale sous l'espace










J’entrai au Paradis bruit des mots

Jetée dans le vent,  je dansais allegro

Etourdissant mes sens.

Sans cesse, que je pense.

Je posais la question, changeais ma position :

Sous le soleil verdâtre de sa condition

Faisait-il jour comme en plein jour

Comme dans les chants des troubadours ?

Où sont les rossignols, où sont les tournesols ?

Et les souvenirs d’alcool et les nuits espagnoles ?

Que font les fonctionnaires ? Que font les militaires ?

Vivent encor chez leur mère ? C’est la faute à Voltaire !

Et soudain devant moi, l’oiseau lyre qui sait bien

Que deux et deux font quatre mais que quatre n’est rien

Comparé à soixante et à quatre-vingt-seize

Et même à dix-millions. Ne vous en déplaise.


Adèle Kimbylik

vendredi 30 novembre 2012

Ecriture automatique, première


Il y a de cela quelques années maintenant —à l'époque même où je lançais le Sous Espace- je me suis essayé à diverses expériences littéraires. Parmi elles, l'écriture automatique —subie. Après une dure journée de labeur, je m'étais plongé dans quelque indigeste point seuil dont le sujet ne me bottais guère. Et à force de relire la même phrase sans la comprendre, j'en suis arrivé à une sorte de transe, un état extatique dans lequel je n'avais guère plus conscience du monde et dérivais tout à mes pensées. Par chance, une feuille de papier se trouvait sous ma main (initialement destinée à recevoir ma prise de note). Voici le résultat ...




 La voie passive sur laquelle s'engage le chaperon est ornée de liberté Démonstrative, elle ne sait pas ce qui l'attend. Son anarchie intérieure n'a pas fini de mordre le despote de mon balais et file en chantant sur le chemin d'Athènes. C'est pour cela qu'il lui faut atteindre ce qu'elle vise, pour sauver son pucelage de cochon sanguin. La misère des autres voyage par toile interposée et se propage dans mon thé comme une rousse ayant trop bu. Je ne m'en souviens pas. 
Tellement fine, elle court et danse et chie dans un bosquet. Quelle est la différence entre un corbeau et un bureau. Pas la moindre, les deux sont hypothétiques et verts.



Marcel Shagi

lundi 5 novembre 2012

Fin de journée




Un autre poème venu se perdre devant ma porte. La graphie différait, mais le parfum duquel le doux billet était signé était le même ... 

 Marcel 



 Fin de journée 

 La journée est finie, je m'en reviens chez moi. 
 Plus de cours ni de bruits, une idée s'impose, 
 J'ai envie de toi, d'un plaisir qui explose. 
 Je me change, sexy, pour te mettre en émoi. 

 Un peu de ménage, je refais notre lit, 
 Le satin de nos draps excite mon toucher. 
 Ce soir, de toi, je ne ferais qu'une bouchée ! 
 Mon Prince se fait attendre : un bien beau délit. 

 Ainsi, attendant ta venue salvatrice, 
 Je me prélasse, telle une impératrice, 
 Et prépare mon corps, pour ta "petite mort". 

 Car ce soir c'est à toi de mener la danse, 
 Tu seras mon roi, déjà j'en suis en transe, 
 Ton esclave c'est moi, du fouet jusqu'au mors. 

 Anonyme

lundi 29 octobre 2012

Acte ...



Poème féminin sur l'acte amoureux, trouvé un beau matin dans ma boite aux lettres, avec comme seule signature une délicate fragrance de parfum venue m'enivrer doucement à l'ouverture de l'enveloppe ...
Marcel



 Acte…

 Tremblants d'émoi et moi de toi, endroit étroit,
En moi tu t'immisces, prémices du vice,
 Pénis aguerri mais joie toute novice, 
L'isthme de ton désir s'invite en mon détroit. 

 Mimant ma mine, avec ta moue divine 
Tu dis "Ma mie, je frémis de tes services". 
Moi, je gémis : délice de tes sévices 
 Que je jouisse, tu le veux, je le devine. 

 La valse de nos ébats m'ancre dans tes bras. 
Sans artifices, tu es mon maléfice. 
A mon Roi, j'offre mon corps en sacrifice. 
Change d'orifice, fais le sans embarras ! 

 Tes caresses sont une très douce aubade, 
J'aime que ton sexe sur mon corps gambade.

Anonyme

lundi 7 mai 2012

Sans titre - 2










Une larme, une bulle
Etendue en large de lune
Souriant à une ombre
Qui ne saurait évader cette...
Lueur ! Oh sois mienne,
Crie-t-elle, fais-moi reine !
Sursaut d'un soleil ascète,
Orne donc ces décombres.
De la plaine, une cristalline
Elève sa voix, colombine.
Mollement, les couleurs s'éveillent.
Oh ma bleue, Oh beau vermeil !

Anima Antris

samedi 21 avril 2012

Le commencement



Commencement d'une vie, commencement d'un récit ?



Petite Emilie n'est pas comme les autres. Petite Emilie, en se levant ce matin, était tout juste née. Mais déjà, elle savait. Les premiers rayons de vie se posaient sur son corps chétif alors qu'elle humait les effluves terreuses de l'ouragan de la veille.

Oui, Emilie était née un jour de tempête, et sa vie était destinée à être comme telle ; un phénomène soudain, marquant, et éphémère.




Anima Antris

lundi 16 avril 2012

Sans titre










Les yeux rougis par les cendres
De ton passé ; oubliées les méandres !

Rejetée comme un boulet d'exécution
J'ai rêvé que je subissais la question
Personnifiée dans ton indifférence
Aussi cruelle que ta démence.

Ennemies de tes ombres,
Tu jubiles sur nos décombres.
Ton sanctuaire aux portes blindées
Des ses fenêtres est dépossédé.
Aux tréfonds de la mangrove tu t'enfonces
A mes cris de désarroi, aucune réponse.


Anima Antris

mardi 20 décembre 2011

Haikus d'été




La douce nostalgie de la belle saison peut se saisir de nous alors que nous goûtons aux affres de la fraîcheur dans les bras de l'hiver...




Sur la montagne
De nous elle s'éloigne
La lune troublée.


Le vent du matin
Sur mon visage souffle
Douceur de ta main.


La lune pudique
—Ivresse de ton regard—
De nuées drapée.


Sous nous les fêtards
Vivent dans la nuit de juin
Au dessus, la paix.


Il pleut au dehors
Lové contre moi, le chat,
Il ronronne encore.





Marcel Shagi 

dimanche 11 décembre 2011

Comprendrons nous jamais le malaise Byronien ? (ou romantique ?)



"Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur ; 
le souvenir de la douleur est de la douleur encore."
Byron



Oui, mais !
Le souvenir du bonheur, ça peut causer la douleur, non passée, mais bien présente celle-ci. Mellon Collie and the infinite sadness, le souvenir heureux, s'il n'est pas gentiment prisonnier des geôles du temps, s'invite à notre table aujourd'hui comme les esprits qui visitent ce pauvre Scrooge. Car même si ce souvenir, vieux, poussiéreux, jauni et corné par les sables du temps, n’est plus du bonheur, il nous met face à notre situation, et nous renvoie dos à dos, notre vie et nous. Quid si le passé est plus lumineux qu’aujourd’hui ? Un Oedipe mal résolu, un âge d’or non enterré, une dent de lait retrouvée après tant d’années, une personne que l’on croise vingt ans plus tard, etc... Autant de choses qui peuvent provoquer en nous une nausée nostalgique ou de mélancoliques insomnies. Car dans ce cas là, ce n’est pas le souvenir de la douleur qui est douleur —encore-, mais la finitude de son antinomie : le bonheur. Parce qu’il est fini, révolu, et parce qu’on en a —tristement- conscience, le souvenir heureux est un détestable point de comparaison avec notre époque, notre présent, notre personne. 

Que sont devenus nos rêves ? Comment la félicité a-t-elle pu prendre la clé des champs ? Cela s’est-il passé un beau matin ? Tout à coup, en ouvrant les volets, elle s’était envolée ? Ou alors s’est-elle consumée d’avoir été aimée avec trop de prévenance et de parcimonie ? Que sont devenus nos espoirs ? Où sont passés nos idéaux ? Et nos cheveux (version masculine de l’impersonnel du texte) ? Et notre taille de guêpe (version féminine de l’impersonnel du texte*) ?

mercredi 7 décembre 2011

Méditation





Cher journal,




C’est le coeur battant que je t’écris pour la première fois. Alors que mon poignet ondule au dessus de la feuille encore blanche, et que ma plume danse sous mes doigts, j’entends ma propre voix résonner dans mon esprit. Elle lit ce que j’écris, au rythme où je l’écris. Je n’ai pas encore écrit une page et voici que je me prends déjà pour une Bridget Jones, avec la musique et la voix off ! Mais c’est assez amusant. Assez pour que je continue à me prendre pour une romancière, ou une chroniqueuse de la vie. C’est étrange, ce terme de “chroniqueuse de la vie”, non ? Je le tiens d’une amie qui, un jour où mon moral était plutôt bas, m’avait tendu un livre —qui n’était d’ailleurs pas terrible : j’en ai oublié jusqu’au titre !- et l’avait introduit de la sorte :

- Ma chérie, ce qu’il te faut c’est un regard neuf sur le monde. Lis ceci, c’est un journal intime fabuleux ! Celle qui l’écrit est une chroniqueuse de la vie, elle ne change pas ton quotidien, mais t’apprend à le voir différemment.

Je serais bien incapable aujourd’hui de te dire de quoi parlais ce journal. Après l’avoir lu, je me suis endormie ; et le lendemain, j’avais déjà tout oublié. Peut-être était-ce la leçon de ce livre : oublier pour tout redécouvrir et s’émerveiller de tout, chaque jour ?